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<  Lis La Presse !  ~  Le Figaro, tres "pertinent" a son tour...

PostPosted: Fri May 30, 2008 4:51 am
User avatarAdministrateur - Site AdminPosts: 6511Location: JapanJoined: Thu Dec 08, 2005 10:26 pm
Encore un article ecrit de maniere fort peu "journalistique" si je puis dire.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france ... ements.php

Ca parle des consignes du gouvenerment pour limiter les redoublements a l'ecole, sur la base de "ils coutent cher a l'etat". Au passage, les consignes de non-redoublement existent deja depuis tres longtemps, Egomet pourra vous en toucher un mot.

Les chiffres avances sont fantaisistes : supprimer le redoublement ferait gagner 1 milliard d'euro d'economies. J'aime bien, aucune explication n'est donnee sur la maniere d'evaluer le cout, et surtout, la personne citee comme etant a l'rogine de cette estimation est un "sociologue". Je ne savais pas que les sociologues pouvaient pretendre avoir une autorite en terme de finances, j'en apprend tous les jours> Et Le Figaro de faire un gros titre : "un milliard d'euros d'economies" sans donner une quelquonque explication. Ni meme de lien.

A la fin de l'article, l'idee que c'est une bonne chose est suggeree par une simple phrase :

Quote:
La pratique n'existe déjà plus en Finlande, Norvège, Japon ou Corée. Des pays figurant pourtant en bonne place dans les classements éducatifs internationaux.


Ah ben d'accord, c'est facile de justifier en prenant le cas des pays qui font figure de cas particuliers, sans chercher a expliquer pourquoi ils l'ont supprimer, les differences de culture (c'est vrai que je Japon et la France, c'est si similaire que ca merite meme pas de s'attarder la dessus) ni meme debattre des criteres sur lequels sont bases ces "classements internationaux".

Cet article du Figaro, c'est du gruyere en puissance : chercher un peu et vous ne trouvez que des trous, que du vent.

Comme quoi, meme les cancres arrivent a devenir journalistes !

Vu la proportion de ceux-ci dans le metier, c'en est meme a se demander si ce n'est pas un critere de recrutement...


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PostPosted: Fri May 30, 2008 10:04 pm
HabituePosts: 440Location: FranceJoined: Fri Dec 16, 2005 4:00 am
Il y a effectivement beaucoup à dire à ce sujet.

Dans la presse française, c'est habituellement le Monde qui répercute le plus ce genre d'études. Avec aussi peu d'objectivité que le figaro d'ailleurs.

En gros: des consignes pour limiter le redoublement existent en effet depuis longtemps. Elles découlent au départ de l'application progressive de la loi Jospin de 1989. Certains d'entre vous, lycéens dans les années 90, ne l'ont peut-être pas remarquée parce que cette loi est une loi d'orientation mise en oeuvre sur une longue période. La réforme a d'abord été appliquée au primaire et elle a suivi les élèves à mesure qu'ils grandissaient.

Aujourd'hui, il est devenu presque impossible de faire redoubler certaines classes, par exemple malheureusement le CP ou la 6ème. Mais on peut, si je ne m'abuse redoubler une fois le CE1 et la quatrième.

Depuis longtemps, on nous abreuve d'études censées démontrer, à grands coups de statistiques que le redoublement est inefficace. Les arguments essentiels (tels qu'on peut les voir dans les jouranux en tout cas) sont en gros:
-que les redoublements seraient traumatisants
-que les élèves qui redoublent le CP ont beaucoup moins de chance que les autres de décrocher leur bac. Sans doute vrai, c'est même le contraire qui serait étonnant.
-que les élèves qui redoublent affichent un retard scolaire. Je ne plaisante pas, on voit des absurdité de ce genre!
Certaines études essaient de comparer des élèves équivalents, c'est à dire ceux pour qui la décision de passage n'était pas évidente et affirment que ceux qui sont passés ont plus progressé que les autres. Il faudrait voir le détails, je soupçonne de gros biais dans les stats. Les études parlent-elles des élèves très en-dessous du niveau et qu'on oblige à suivre pendant des années des cours auxquels ils ne comprennnet rien? J'en ai beaucoup en ce moment, de ces élèves...
J'essaierai de mettre la main sur un de ces articles, pour qu'on puisse l'analyser.

Quant au cas des pays nordiques ou asiatiques, il me semble que la place de l'école n'y est pas du tout la même qu'en France, et qu'il n'y a pas, loin de là, une culture de rébellion face aux autorités. J'idéalise peut-être, mais il me semble que le prof y est quelqu'un d'habituellemnt respecté, alors qu'en France... vous savez.
Si je ne m'abuse, ces pays peuvent se dispenser du redoublement parce qu'ils ont d'autres méthodes pour faire face aux difficultés des élèves et les mettre au travail. Ainsi les problèmes sont réglés bien en amont sans qu'on ait besoin d'aller à cette extrémité qu'est le redoublement.

En France, on s'imagine que la suppression des sanctions est un moyen pour régler les problèmes. Mais on ne fait rien pour éviter d'en avoir besoin. Et surtout on les supprime avant d'être sûr qu'on n'en a plus besoin!

Le pire, c'est qu'on n'est même pas cohérent: le redoublement continue d'exister mais quand les professeurs prennent cette décision, on fait tout pour la casser, avec les commisions d'appel et tout le toutim. Si les professeurs sont sans cesse désavouer, comment espère-t-on qu'ils soient efficaces.
Quand je dis à un élève qu'il doit faire des efforts, il me répond d'un air goguenard qu'il passera de toute façon à l'ancienneté. La loi est du côté de sa paresse.


Last edited by egomet on Fri May 30, 2008 10:28 pm, edited 1 time in total.

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PostPosted: Fri May 30, 2008 10:27 pm
HabituePosts: 440Location: FranceJoined: Fri Dec 16, 2005 4:00 am
Voici une de ces études, que je vous invite à commenter:

Quote:
Le redoublement accroît le risque d'échec scolaire
LE MONDE | 27.05.04 | 14h02

Une étude confirme l'inefficacité et les effets pénalisants de cette pratique pédagogique, surtout à l'école primaire : moins de 10 % des élèves ayant redoublé la classe de CP obtiennent leur bac. François Fillon envisage pourtant de renforcer le pouvoir décisionnel des enseignants en la matièreRedoubler en classe préparatoire est une épreuve dont on ne se remet pas. Pénalisant, inutile, voire contre-productif : les critiques et les dégâts sur le parcours scolaire attribués depuis vingt-cinq ans au redoublement à l'école primaire ont été sans effet : il demeure une pratique courante dans le système éducatif français.

Le nouveau ministre de l'éducation, François Fillon, envisage même de la faciliter : "La loi de 1989 a conduit à enlever aux enseignants leur pouvoir de décision en matière de redoublement. N'est-on pas allé trop loin ?", a-t-il estimé dans l'entretien accordé au Monde du 27 mai. "Aucune étude ne démontre que passer automatiquement dans la classe supérieure soit un gage de réussite".
C'est chez les plus jeunes que l'efficacité du redoublement est la plus contestée. Selon une étude de la direction de l'étude et de la prospective (DEP) du ministère de l'éducation nationale à paraître en juin et dont les principaux éléments ont été publiés fin 2003 (Education et formations, numéro 66, juillet-décembre 2003, Dix-huit questions sur le système éducatif, DEP), plus le redoublement intervient tôt, plus il est, en moyenne, associé à une faible réussite scolaire. Le devenir des élèves ayant redoublé le cours préparatoire est de ce point de vue le pire : le quart seulement de ces redoublants du CP atteignent la terminale et moins de 10 % obtiennent leur bac, soit 8,7 % au vu des résultats des élèves entrés en sixième en 1989. "Les résultats définitifs des élèves entrés en sixième en 1995 ne sont pas encore connus dans la mesure où tous n'ont pas achevé leur scolarité mais ils ne devraient guère différer des élèves de 1989", fait remarquer Jean-Paul Caille, l'auteur de l'étude.
Ainsi, le redoublement n'améliore guère les performances et peut même s'avérer contre-productif. "Le redoublement semble fragiliser la confiance en soi de l'élève l'amenant à réduire ses ambitions scolaires, note Jean-Paul Caille. Qui plus est, l'image des élèves redoublants auprès des enseignants apparaît moins favorable, ce qui influe sur leur orientation."
AUTOCENSURE DES FAMILLES
Selon l'étude de la DEP, à degré de réussite comparable, le niveau d'ambition exprimé par l'élève et sa famille, ainsi que les propositions d'orientation du conseil de classe, sont inférieures quand l'élève a redoublé, même si ce redoublement n'est pas récent. Au final, les élèves de troisième en retard, à note égale au contrôle continu du brevet, sont massivement orientés vers des filières professionnelles. Les conseils de classe ont prononcé une orientation en seconde générale et technologique pour 44,6 % des élèves qui ont connu un redoublement au collège et qui ont obtenu de 9 à 12 sur 20 au contrôle continu du brevet (panel 1995). En revanche, cette décision a été prise pour 78,5 % des non-redoublants ayant obtenu les mêmes notes.
Ceci s'explique à la fois par une plus grande sélectivité des conseils de classe à l'égard des élèves redoublants et par une autocensure des élèves et de leur famille. Les vœux d'orientation en seconde générale et technologique d'un élève de troisième ayant redoublé au collège et qui a obtenu une note au contrôle continu du brevet de 9 à 12 sur 20 sont de 54,4 %, contre 83 % pour les non-redoublants. Ce décalage ne s'explique pas seulement par l'origine sociale des redoublants issus davantage de milieux moins favorisés. "Toutes choses égales par ailleurs, le décalage persiste et reste très marqué, explique Jean-Pierre Caille. Il y a bien un effet lié au redoublement."
En réalité, le redoublement n'apparaît véritablement efficace qu'au lycée. A ce niveau, près de 80 % des redoublants obtiennent le baccalauréat général et technologique. Mais les élèves qui passent deux années en seconde - la classe la plus redoublée - terminent moins souvent bacheliers que ceux qui redoublent la première ou la terminale (75 %, contre 84 % et 83 %).
De moins en moins perçu comme une solution à la difficulté scolaire, le redoublement a connu une baisse volontariste, parfois encouragée par les circulaires de rentrée, depuis une quinzaine d'années. Entre le cours préparatoire à la terminale, 57 % des élèves qui sont entrés en sixième en 1995 ont redoublé au moins une fois, alors que cette proportion atteignait les deux tiers des élèves entrés en sixième en
1989.
Dès 1979, le directeur du service des statistiques de l'éducation nationale, Claude Seibel, avait démontré l'inefficacité du redoublement en primaire. Ses premières conclusions, publiées en 1983, révélaient qu'à niveau faible égal au CP, les enfants admis dans la classe supérieure (le CE1) progressaient beaucoup plus rapidement que leurs camarades redoublants.
ENSEIGNANTS HOSTILES
Sensible depuis les années 1960, la baisse du redoublement au primaire s'est poursuivie dans les années 1990 avec la mise en place des cycles scolaires voulue par la loi d'orientation de 1989 de Lionel Jospin. En fin de primaire, la proportion d'élèves en retard a été ramenée de 25,4 % pour l'année 1990-1991 à 19,5 % pour 1999-2000. A contre-courant de cette tendance, Luc Ferry, qui avait fait de la prévention de l'illettrisme un des axes forts de sa politique, avait évoqué l'hypothèse d'un "redoublement très précoce" dès le CP ou le CE1 plutôt qu'en CM2, jugé trop tardif.
Au collège, le redoublement n'a pas suivi la même évolution qu'à l'école primaire. La mise en place du collège unique s'est accompagnée d'une forte augmentation des redoublements jusqu'en 1985, puis cette tendance s'est inversée progressivement, en relation avec l'objectif d'amener 80 % d'une génération au niveau du baccalauréat. Pour l'année 2002-2003, le taux de redoublement concerne encore 8,5 % des élèves de sixième et près de 7 % des élèves de troisième.
La France reste l'un des pays européens où le redoublement est très élevé. Les enseignants, majoritairement hostiles au passage automatique, veulent se garder la possibilité, même exceptionnelle, du redoublement. "Il ne suffit pas de casser le thermomètre pour se débarrasser du malade", estime Nicole Geneix, secrétaire général du SNUipp, le principal syndicat
des enseignants du primaire. Nous ne sommes pas favorables à un retour à des redoublements massifs et nous défendons un meilleur suivi des élèves en difficulté en mettant plus d'élèves que de classes dans les écoles."
De son côté, le SNES, le principal syndicat des enseignants du second degré, réclame davantage de pouvoir des conseils de classe, estimant que les parents mais aussi les chefs d'établissements ont acquis un poids trop important dans les décisions. "Cette question doit être examinée sans tabou, au cas par cas, avec la communauté éducative et les parents", dans le cadre de la révision de la loi d'orientation, estime pour sa part François Fillon.

Martine Laronche



Contestation possible par les parents
Dans le primaire. Le décret du 6 septembre 1990 prévoit que la durée passée par un élève dans un cycle ne peut être allongée de plus d'un an. On compte deux cycles : : dernière section de maternelle, CP et CE1, d'une part ; CE2, CM1 et CM2, d'autre part.
Dans le secondaire. Un décret du 14 juin 1990 fixe les règles du redoublement. Il permet aux parents de s'opposer à une décision de redoublement du conseil de classe "à l'intérieur d'un cycle", soit en cinquième et en première. Le chef d'établissement a aussi la possibilité d'aller contre une décision de redoublement du conseil de classe après avoir reçu l'élève et ses parents.
Contestation. Les parents peuvent faire appel de la décision de redoublement dans le secondaire ou former un recours motivé devant l'inspecteur d'académie dans le primaire.

• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 28.05.04


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PostPosted: Fri May 30, 2008 10:34 pm
HabituePosts: 440Location: FranceJoined: Fri Dec 16, 2005 4:00 am
Et pour ceux qui ont du courage, le lien vers la revue citée par le Monde:

http://www.education.gouv.fr/cid5067/di ... catif.html


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PostPosted: Mon Jun 02, 2008 5:20 am
User avatarAdministrateur - Site AdminPosts: 6511Location: JapanJoined: Thu Dec 08, 2005 10:26 pm
Sarko s'apprete a annoncer la reforme du bac.

Vu dans le monde :


http://www.lemonde.fr/politique/article ... id=1050664

Quote:
M. Sarkozy devrait également redire que "le but" de son gouvernement est de "diviser par trois - et même davantage - l'échec scolaire d'ici 2012".


Diviser l'echec par trois, c'est admettre 2 tiers de plus d'ignares en classe superieure, a mon avis :)


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